Depuis le début de mon "boycott" de la faim lundi, geste prônant la paix et la non-violence dans le conflit de la hausse des droits de scolarité, geste louable, au minimum je crois, plusieurs personnes m’ont critiqué, m’accusant de prendre la cause trop personnelle, de vouloir me suicider ou d’être complètement fou (je m’étais déjà attribué ce titre dans ce texte, un "fou" qui s’assume…) Est-ce vrai ? Non, je ne le crois pas du tout et si vous pouviez seulement me laisser la chance de m’expliquer, j’aimerais vous convaincre du contraire. Si avant d’avoir lu ce texte, plusieurs personnes se disaient que mon message de paix et d’amour n’était encore qu’une sale action gauchiste d’entraide et de solidarité, après, penseront-elles probablement que j’ai fait cela d’une manière égoîste, centré sur moi-même, conjugué au MOI MOI MOI de droite. Comme quoi on en sort jamais finalement.
Depuis près de 15 ans, depuis ma majorité en fait, j’ai airé comme un véritable adolescent. Vécu des échecs amoureux, par ma propre faute je dois l’avouer, négligé ma famille, mes amis. Manqué à mes responsabilités, beaucoup trop fait la fête et, bien sûr, négligé mon crédit… (voir "Mon histoire")
À l’image du Québec finalement.
Père absent et décédé beaucoup trop tôt. Relation avec ma mère difficile.
Pendant ces 15 dernières années, j’ai fait deux dépressions majeures consécutives mais j’ai très peu pris d’anti-dépresseur ? Pourquoi ? Parce que je sentais que ce mal de vivre, cette tension qui me tenaillait les trippes, ce cancer qui me ravageait les intestins n’étaient présents que par mon absence total d’objectif concret. Un manque de passion, de direction, de chemin à suivre.
Lundi dernier, j’ai tout lâché d’un coup. Je me suis lancé dans la vide pour une cause qui me semblait juste. Un monde meilleur, plus humain. C’est comme s’il avait fallu que me lance du haut d’une gigantesque falaise pour retrouver ce courage qui m’habitait jadis.
Ça m’a fait un peu de peine de voir que beaucoup de mes amis, plutôt aveuglés par le côté spectacle de mon action, répugnés à l’idée d’être associé à un "fou", n’ont pas partagé mes textes ou même pris simplement de mes nouvelles. Préférant plutôt partager sur Facebook, des images d’un chat qui se lèche le cul… Soit. Tout le monde est libre de faire ce qu’il veut et je ne les juge pas. J’aimerais simplement qu’on fasse la même chose avec moi.
Qu’on voit plutôt l’image d’un homme qui s’est levé un bon matin et qui s’est dit que ses valeurs, son bonheur et sa liberté étaient plus importants que tout. L’image d’un homme qui, plutôt que de succomber au poids de la mort qu’il portait depuis tant d’années, à décidé de se tenir droit, d’agir et de s’engager. N’est-ce pas là ce qu’on demande aux hommes du Québec qui affiche un des plus haut taux de suicide au monde ? N’est-ce pas là une bonne idée de faire une grève de la faim pour la paix plutôt que d’en finir avec la vie ?
9 jours. Tout simplement. 9 jours pour retourner complèment ma vie de bord. Du plus négatif au plus merveilleux. Parce que je sais pertinement que ceux qui tiennent vraiment à moi, ceux qui ont pris de mes nouvelles, qui se sont inquièté pour ma santé, me donneront une chaude accolade quand ils me reverront en vie. Ces accolades que j’ai toujours gardé à une certaine distance, même si j’aimais VRAIMENT les gens, BEAUCOUP de gens. Beaucoup trop d’amour en-dedans. J’avais toujours l’impression qu’ils ne pouvaient pas comprendre jusqu’où j’irais pour prôner la paix pour tous, pour leur bonheur.
Dire qu’on prendrait une balle pour quelqu’un c’est bien beau… Le faire est plus significatif.
Oubliez toutes vos idées de suicide avec ma grève de la faim. Un être humain en santé peut jeuner pendant 3 semaines avec de l’eau sans en subir de séquelle. Alors 9 jours… Un défi oui, un suicide, non. Je suis certainement un peu fou mais pas suicidaire.
D’ailleurs, je me porte mieux que jamais présentement. Parce que chaque jour, je fais ce qui doit être fait. Et même si vous ne le voyez pas, (j’vais quand même pas vous donner tous les punchs avant la fin !) ma vie se place et prend un sens de jour en jour.
En conclusion, une femme qui m’est très chère ma écrit sur ce blogue: "Jean-François, tu risques d’y perdre des plumes…" Oui, effectivement, j’ai risqué d’y laisser des plumes. Mais j’ai aussi pris l’initiative d’apprendre à voler de mes propres ailes…
Et ce sont tous ces jeunes, qui se mobilisent dans la rue, ces carrés rouges, qui m’ont donné le courage de sauter du haut de cette falaise.
Parce que je n’avais plus rien à perdre.
Nombre 5: le changement, la liberté, la diplomatie, l’adaptabilité, le corps humain…
